Ces tentations, avouons-le, ne nous sont pas inconnues car ce sont aussi les nôtres. Notre fidélité à Dieu est souvent mise à l’épreuve à cause des difficultés de notre vie. Nous sommes attirés, non sans raison, par la facilité de la vie, le plaisir immédiat, la jouissance d’un certain pouvoir aussi bien sur ce que nous possédons que sur les personnes que nous rencontrons.
Cette attirance est compréhensible bien qu’elle ne soit pas légitime. Nous recherchons le chemin du bonheur mais en refusant de tenir compte de ce qui constitue notre identité profonde à savoir notre relation fondamentale avec Dieu.
L’enfant prodigue que Jésus nous rapporte dans une de ses paraboles, pense trouver son bonheur en prenant sa liberté et en demandant à son père “donne-moi ce qui me revient”. Cet enfant est heureux car il se croit alors libre et riche. Il peut faire ce qu’il veut mais, sans se rendre compte, il a perdu le principal: sa relation avec son père, avec celui à qui il doit tout et en particulier la vie. Il le reconnaîtra plus tard quand il aura perdu tout son bien. Il s’est aimé lui-même en oubliant la source de la vie.
La véritable fidélité, en effet, est l’expression de notre reconnaissance envers ce qui nous fait vivre. Elle a un seul nom, celui de l’amour. Il n’y a de fidélité qu’à ce que nous aimons. Dans cet attachement qui nous provoque à donner le meilleur de nous-mêmes, nous recevons une dynamique de vie, source de joie profonde. La fidélité est l’amour de l’amour, l’amour maintenu dans toute sa vitalité. Il ne s’agit pas d’une constance faite d’inertie ou de nonchalance, mais d’une volonté de rester à la hauteur de ce qui est demandé. En effet, on ne peut aimer quelqu’un dans les limites d’un contrat et pour un temps limité. L’amour va jusqu’au bout de ses aspirations et aspire à l’éternel.
C’est pourquoi le Christ a accepté de montrer comment son attachement pour les hommes pouvait aller jusqu’au don total de sa personne.