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Je dois me poser cette question:  mon Dieu, qu’en est-il de moi ? Suis-je pareil au chêne ouvert sur le ciel ? Ou suis-je réduit à n’être qu’un caillou enfermé sur lui-même? Prier, c’est désirer Dieu, s’ouvrir à lui et se laisser transformer progressivement à son contact. En effet, en fréquentant Dieu,  quelque chose de lui, de son être, de son amour, de sa lumière rejaillit nécessairement sur nous et nous marque. Il s’agit d’une rencontre qui nous engage.  Parler pour le plaisir de s’exprimer ne sert à rien sinon à se faire plaisir à soi-même en utilisant l’autre comme une caisse de résonance.
 Dans l’évangile de St Matthieu,  Jésus condamne ceux qui prient pour se mettre en valeur ou qui rabâchent des formules d’une manière mécanique à l’exemple des païens (Mt 6, 5-8).  Juste après cette mise en garde, il explique ce que doit être une véritable prière en nous confiant les demandes du Notre Père: “Vous donc, priez ainsi: Notre Père qui est aux cieux…”
Cette supplication est pour nous la référence de toute prière chrétienne. Il est important, en effet de reconnaître Dieu comme notre Père et de nous adresser à lui en cette qualité. Nous pouvons avoir confiance en lui à la fois parce qu’il nous reconnaît comme ses enfants et parce qu’il a la puissance suffisante pour nous exaucer.
 C’est pourquoi nous demandons à notre Père du ciel de nous aider dans notre vie de chaque jour et de nous protéger du mal. Mais auparavant nous affirmons notre désir de répandre dans notre monde son Règne d’amour et d’y réaliser sa volonté.

         Sachons nous inspirer de cette prière et y faire correspondre notre vie en sachant, comme nous le dit St Paul, que “Dieu qui agit par sa puissance en nous peut faire infiniment au-delà de ce que nous demandons et concevons” (Ep 3, 20). 

       

 Yves Danjou.